Catch’Up – Elimination Chamber, la grosse analyse

Allez, manges-en encore un petit coup, dit-il. Mange mon gros ! Manges-en jusqu’à ce que la pointe de l’hameçon te rentre dans le cœur et que tu en crèves.
Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway

Salut les marks, salut les smarts et bienvenue dans  Catch’Up pour cette grosse analyse de l’Elimination Chamber ! Si le Royal Rumble est généralement le coup d’envoi de la route vers WrestleMania, la chambre diabolique de l’élimination en est indéniablement le virage le plus brutal. Mettant en scène des possibles coups de théâtre majeurs (champions coincés dans la chambre ou bien détermination de challengers pour le show des shows…), c’est une étape incontournable. Revenons ensemble ce qui aura fait le sel de cette édition 2019.

Une midcard tiédasse sauvée par l’écriture

On ne va pas se mentir, hormis sans doute la Chamber masculine, il y avait peu de chances que vous abordiez ce PPV avec la bave aux lèvres. La midcard proposée par la WWE était globalement peu inspirée et on peine à distinguer l’habituel co-Main Event quand on observe la seconde Chamber pour l’inauguration des titres féminins par équipe. En effet, un peu comme pour le Rumble, une fois dépouillée de ce qui se fait de mieux actuellement dans la division (Ronda, Charlotte, Becky, Asuka), cette affiche sentait bon la seconde zone. Surtout avec un résultat cousu de fil blanc avec la victoire de la Boss & Hug Connection (Banks & Bayley), seule équipe vraiment établie et crédible de l’affaire.

Pour le reste, on ne va probablement pas faire se lever les foules avec un match à handicap entre Finn Balor et le duo Lashley/Rush, sans même parler de la redite complète de TLC avec Strowman contre Corbin sans disqualification. Smackdown rafraîchit l’atmosphère avec ses nouveaux champions si attachants Miz et Shane McMahon contre les Usos, mais cela reste loin des joutes de légende de la division. On ne parlera même pas de Ronda contre Ruby Riott qui sentait bon l’angle uniquement pour une intervention plus qu’un match compétitif.

On voit déjà venir le je te tiens tu me tiens match à Fastlane !

Sauf que voilà, les scénaristes avaient décidé pour une fois de se sortir un peu les doigts à tous les niveaux; et d’écrire ce show avec la belle encre de la cohérence. Ainsi, on a pu voir un effet miroir finalement assez divertissant entre Corbin et Strowman, voyant ce dernier se faire piéger par les interventions de Lashley et McIntyre, comme il avait pu lui même enfumer l’ex GM de RAW lors de leur rencontre à TLC où il avait été supplée par tout ce que le vestiaire comptait de gentils sans programme. De même, stipulation aidant, Finn Balor a su illuminer tant que faire se peut ce Handicap Match mollasson pour faire preuve non seulement de vitesse et d’athlétisme comme à l’accoutumée, mais aussi cette fois d’ingéniosité en profitant de la situation pour réaliser le tombé sur le maillon faible Lio Rush.

Personne n’avait spécialement envie de poireauter dix minutes d’un match sans enjeu entre Ruby et Ronda pour qu’inévitablement il se passe quelque chose dans les gradins; qu’à cela ne tienne, on va transformer tout ça en squash et faire avance rapide pour aller directement à ce qui nous intéresse. Ainsi Becky Lynch a débarqué, comme prévu, a semé le chaos et botté le cul des deux blondasses, comme prévu, au plus grand plaisir de la foule, comme prévu. Simple et efficace.

Peut être la vraie surprise de la soirée, qui était globalement prévisible, mais avec tout ce que cela comporte de positif pour une fois; Shane et le Miz ont perdu leur titre sur un excès de zèle du A-Lister. Alors que Shane s’était une nouvelle fois sacrifié d’une descente du coude sur la table des commentateurs, le Miz n’a pas su capitaliser dans le ring contre le frangin restant en se faisant contrer “bêtement” sur un roll-up après son Skull Crushing Finale. Un développement bien vu qui pourrait donner un nouvel élan à cette histoire d’alliance improbable qui avait, d’une certaine façon, déjà connue son “pay off” au Rumble.

Côté Elimination Chamber pour les titres féminins, la tiédeur de l’affiche a été sauvé par l’ardeur des compétiteurs. Les IIconics et le duo Many/Sonya notamment ont pour beaucoup été les MVP de cœur de cette rencontre, surtout les deuxièmes citées qui ont sans doute surpris du monde et ont tenu la dragée haute aux futures vainqueurs Sasha & Bayley en débutant et concluant avec elles. La partition d’ensemble était plutôt finement calibrée avec chaque équipe jouant bien son rôle, notamment Nia & Tamina en monstres dévastateurs contre qui tout le monde doit s’allier. La victoire finale de la Boss & Hug Connection est efficace, même si on voit déjà poindre à des kilomètres un bon paquet de promos gnangnan dans les semaines à venir.

 

Comme son mentor, Lio propose au public sa pose préférée.

Un Main Event magique qui nous frappe en plein cœur

Le clou du spectacle ce dimanche était indéniablement le Main Event et cette Elimination Chamber pour le titre WWE de Daniel Bryan. Acculé dans la cage contre cinq redoutables compétiteurs, le champion de la planète avait pour difficile mission de défendre sa ceinture en toile de jute contre Randy Orton, Samoa Joe, Jeff Hardy, AJ Styles et le remplaçant de luxe Kofi Kingston. Ne nous voilons pas la face, ce dernier a été la star du match, mais pas que, il a aussi été la star de nos cœurs.

L’espace d’un soir, nous avons sans doute été nombreux a retrouvé notre âme d’enfant et nos yeux candides de fans de catch devant la prestation magnifique de Kofi Kingston. Après les éliminations de Samoa Joe par AJ, puis de Hardy par le champion, les pions se mettent doucement en place pour un final d’anthologie. La beauté du moment réside paradoxalement beaucoup dans le caractère prévisible, quasi au mouvement près de cette deuxième moitié de match. Ainsi, il allait presque de soi que Randy Orton allait éliminer AJ Styles, en en profitant pour prendre une “revanche” presque vieille de deux ans lorsqu’il avait été berné à Smackdown sur une feinte de Phenomenal Forearm. La Vipère attend son heure parfois très longtemps à la WWE… Et Styles en aura fait les frais lorsqu’il part pour armer son finisher et est cueilli, presque au ralenti, par un délicieux RKO. De même, la WWE ne pouvait pas passer à côté d’un pay-off de près de 10 ans avec un Trouble in Paradise quasi exutoire de Kofi sur sa Némésis de 2009, Randy Orton, permettant au passage de redonner tout son caractère létal à ce coup de pied, ce qui aura son importance capitale plus tard.

S’entame alors un mano a mano qui va jouer sur toutes les émotions et toucher toutes les notes justes afin de, non pas nous faire croire à l’impossible, mais tout simplement nous transpercer le cœur rempli de certitudes. Car c’est bien cela au final la prouesse de ce match. Au delà du Kofishow, c’est cet incroyable scénario qui a fait que, malgré un résultat connu de tous, malgré ce scénario cousu de fil blanc pour tous les spectateurs dans l’arène et derrière leurs écrans, nous étions quand même meurtris au plus profond de nous de le voir échouer si près du but.

Ce match est une leçon de “storytelling dans le ring et de production de la part des agents. Que ce soit sur le SOS, sur le Trouble in Paradise pour un tombé de deux haletant ou lorsqu’à l’inverse il se relève du Running Knee qui avait pourtant couché Hardy plus tôt; on ne cessait de chasser cette petite voix dans notre tête qui hurlait “Mais arrête, tu sais bien qu’il va perdre à la fin !” pour la substituer par ce désir ardent de le voir gagner.

C’est au final un énième coup de genou qui aura raison du fantasque membre du New Day. Le champion s’éclipse alors dans la quasi indifférence générale, tous les yeux étant rivés sur le héros vaincu. Les frissons nous parcourent lorsque comme un seul homme la salle se lève et porte en triomphe Kofi avec une ovation émouvante. Ses compagnons de toujours le rejoignent pour le féliciter et ils sortent tous les trois sous un tonnerre d’applaudissements… Sans doute la plus belle mise en scène d’un échec depuis une éternité.

Ca avait l’air sublime, j’aurais aimé ne pas déborder avec la peinture sur mes yeux pour voir ça.

Pour les habitués du preshow, Buddy Murphy s’est défait d’Akira Tozawa dans un bon match et poursuit son règne de champion Cruiserweight, mais c’est à peu près tout ce qu’il y a dire. Un PPV curieux au final qui laisse une très bonne impression d’ensemble malgré des affiches plus que douteuses. Et cela grâce à bien évidemment un final éclatant, mais aussi une écriture globale maîtrisée et une discipline des scénaristes qui se sont attachés à bien racontée des événements attendus mais prenants, plutôt que de jouer la surprise à tout prix.

Comme toujours, merci de nous écouter et on vous donne rendez-vous pour le récap de la semaine à venir !

 

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Allez les filles, si vous téléchargez l’épisode du podcast je dégraffe le soutif’ de Peyton !