Catch’Up – WrestleMania 35, l’énorme analyse !

La fête est un excès permis, voire ordonné.
Sigmund Freud

Salut les marks, salut les smarts et bienvenue dans  Catch’Up pour cette énorme, que dis-je, gargantuesque analyse de la grande fête du catch mondial : WrestleMania 35 ! A show exceptionnel, casting exceptionnel, puisque ce sont pas moins de quatre chroniqueurs qui se sont rassemblés autour du micro pour près de trois heures de débat enflammé sur le show le plus chaud de tous les shows.

C’est la fête (des gentils) !

WrestleMania est devenu depuis quelques années un monstre à part dans le calendrier de la WWE. Les matchs s’empilent et la durée du show s’allonge, tout comme celle du preshow qui devient limite un mini PPV d’accueil. C’est bien simple, depuis le légendaire WrestleMania 30 qui avait été le théâtre du sacre de Daniel Bryan lors du 8ème et dernier match de la soirée, nous n’avons fait que rallonger le programme. 9 rencontres au 31, puis 12 au 32, 13 ensuite lors du 33, 14 l’année dernière à la Nouvelle Orléans pour le 34… et enfin 16 cette année ! Qui sait ce que cela annonce pour l’année prochaine ?

Toujours est-il que WrestleMania est devenu un exercice de style au cours duquel la WWE s’attache à en proposer le plus possible, au plus grand nombre, à grand renfort de décorum grandiloquent, de légendes, de stars de la TV, de feux d’artifice, de stades toujours plus grands… au risque de provoquer l’indigestion chez certains. C’est le risque.

C’est pourquoi ce WrestleMania nouvelle génération qu’on observe depuis 4-5 ans est un PPV totalement à part qu’il convient plus de picorer pour ce qu’on adore, plutôt que d’essayer de tout dévorer, au risque d’avaler quelques morceaux qui passent moins bien. Il en faut pour tous les goûts, et c’est qu’il y en a beaucoup. Surtout à Mania qui est une vitrine absolument inédite dans le divertissement sportif, souvent cité parmi les “marques” les plus valorisées dans le domaine, aux côtés de la Ligue des Champions de football ou le Super Bowl.

Cette année n’a pas dérogé à la règle, mais une différence notable s’est dégagée, peut être, sans doute même, suite aux expériences plus ou moins réussies des récentes éditions qui renvoyaient rarement les foules comblées chez elles. Cette année, nous avions presque l’impression que la WWE cherchait à se faire pardonner en nous offrant… tout ce que nous avions demandé !

J’ai la curieuse sensation qu’on m’observe…

Ça en était même presque troublant, il faut l’avouer. Car quand on dit tout, c’est vraiment tout, même des choses que nous n’avions pas demandé tout en bas de la carte. Ainsi, les facétieux Curt Hawkins et Zack Ryder ont disposé d’un Revival de toutes manières sans saveur, devant un public totalement acquis à la cause des deux natifs de la région du New Jersey. On ne parle pas du kiff du siècle, mais c’était un petit “Mania moment” qui donne la banane en début d’émission. Il en va de même pour la pétillante Carmella qui remporte une bataille royale sans enjeu mais qui fait office de récompense sympa pour celle qui, avec R-Truth, aura été une des belles histoires de l’automne-hiver de Smackdown. Je suis plutôt partisan de ne pas bouder ces petits plaisirs inoffensifs, plutôt que de me draper derrière une mauvaise foi dont font preuve certains qui voudraient soudainement attribuer une soi disant importance à ces matchs qui n’enflammaient personne avant l’événement.

D’autres victoires “face” étaient elles attendues. Nous pensons au succès prévisible de Braun Strowman qui a ainsi permis au public quelques minutes de rigolades en voyant les deux andouilles du SNL de se faire envoyer voltiger par une montagne de 200kg. Il y a aussi eu un succès enthousiasmant et convaincant des patrons les Usos dans un Fatal 4 Way haut en couleurs qui a collé quelques culs sur les sièges comme on dit. Tout pareil pour la venue du Demon Finn Balor qui a atomisé Bobby Lashley pour s’offrir le titre Intercontinental. Aucune surprise ici non plus, mais un petit plaisir bien exécuté qui a rempli son objectif de permettre au public de kiffer l’entrée du Demon et de voir une nouvelle prise de titre d’un favori des foules. D’ailleurs à ce sujet, on le verra plus loin, la fête était vraiment totale.

Et pour équilibrer, la WWE a savamment distillé les victoires “heels” en deux catégories. La première, des “surprises” tout aussi inoffensives que celles citées précédemment afin de ne pas trop frustrer son public. On peut ainsi citer le sacre dans l’anonymat du preshow de Tony Nese qui bat le champion Cruiser Buddy Murphy, mais aussi la victoire volée de Shane McMahon sur un Miz qui apparaît clairement malgré tout comme le vainqueur des cœurs; ou bien le triomphe des IIconics qui ressortent avec les ceintures d’un affrontement plus que banal, s’affichant presque comme bonne surprise de l’équation. La seconde catégorie se concentrait sur des défaites expéditives d’anciennes gloires au profit de méchants bien installés. A ce titre, Rey Mysterio, blessé, s’est fait éclater par Samoa Joe qui conserve son titre US et profite de cette circonstance pour engranger une victoire qui tape fort; tandis que Baron Corbin a finalement assez facilement et logiquement disposé du vétéran Angle qui tire donc sa révérence en ayant mis, comme le veut la tradition, un jeune dans la lumière. La vaste undercard a ainsi alterné entre petits plaisirs coupables et défaites peu douloureuses, toujours en légèreté et sans jamais trop frustrer le spectateur.

Tu feras gaffe papa, je file continuer le match là, mais y’a ton horrible perruque mulet qui se détache. Bisous.

Un midcard molle

On l’a vu, les matchs à faible enjeu ou intérêt ont plutôt rempli leur part du marché, à savoir autoriser le public à ses moments de joie légère ou bien à tout simplement souffler entre les affiches plus costaudes. En revanche, ces mêmes affiches un peu plus sérieuses présentent elles un bilan nettement plus mitigé dans leur objectif de donner de la consistance à l’émission.

Ainsi, la victoire d’AJ Styles sur Randy Orton a sans doute du décevoir quelques suiveurs par la tiédeur de l’affrontement par rapport aux promesses affichées. Deux super professionnels, habitués aux grands rendez-vous, présentant une opposition savoureuse pur produit WWE versus succès des indys et avec une alchimie prouvée par le passé… Nous étions en droit d’attendre un peu mieux que les 16 minutes proposées dimanche dernier. Pas d’incroyable spot autour du RKO, ça valait bien le coup de bazarder le combo magique Phenomenal Forearm/RKO en épisode de Smackdown. Pas non plus d’innovation de dingue ou de storytelling aux petits oignons. Au final, deux professionnels qui récitent leurs gammes, passent leurs mouvements signatures et terminé bonsoir. C’était solide, mais voilà, pour cette durée de match à WrestleMania je pense qu’on peut proposer mieux.

A ce titre, que dire de la performance de Batista et Triple H qui nous ont accaparé près de 25 minutes pour glaner au passage le titre de match le plus long de la soirée. Les clashs de légende, personnellement, c’est mon dada. Mais là ils sont malheureusement tombés dans les tous les travers à éviter. Malgré des idées assez sympas d’un Triple H mué en sadique de film d’horreur avec sa boite à outils, des longueurs proprement interminables ont émaillé la rencontre lors de la phase de domination de l’Animal Batista, qui avait clairement oublié d’entretenir son cardio avant ce grand rendez-vous. Autre frustration, cette volonté d’user et abuser des “kick outs” sur les prises fatales, avec une surenchère permanente jusqu’au finish. Certes, c’est un grand classique des matchs old school, et surtout de ceux de Triple H, mais quand c’est mal géré, ça tombe à plat. Comme par exemple le dégagement tellement abusé qu’il en devient irréaliste et agaçant, où Triple H prend une méga Batista Bomb de la deuxième corde sur des escaliers en métal, truc qui vous coucherait n’importe quel colosse pour le compte de 20 ! Bref, le sentiment qui prédomine c’est que les deux légendes ont un petit peu abusé de leurs privilèges et aurait grandement gagné à se faire un kiff un poil moins rococo en coupant 7-8 minutes de match et en gérant mieux leurs spots.

Autre match de midcard qui ne restera pas dans les mémoires collectives, c’est la victoire du revenant Roman Reigns contre Drew McIntyre. Si elle n’a pas souffert des gros défauts du match précédemment cité, avec une brawl nettement plus convaincante, une intensité plus présente et surtout un format bien plus adapté avec un sprint de 10 minutes, on ressort de là sans vraiment avoir en mémoire un spot marquant. Roman Reigns gagne comme prévu pour son grand retour à la compétition après sa terrible épreuve personnelle, Drew McIntyre reste une brute épaisse et on a aucun doute pour son avenir en 2019, mais voilà, pas grand chose de plus à se mettre sous la dent.

Quelle chochotte franchement, obligé de te tenir comme ça pour te couper les ongles t’exagère.

Un trio de Main Event estampillés WrestleMania

Comme nous le disions en introduction, WrestleMania, c’est la fête. Du moins c’est censé l’être. Et ce goût de folie, de plaisir, on l’avait un poil perdu ces dernières années avec des matchs clés qui se terminaient souvent avec la grimace. Parfois, souvent même, cela sert un dessein bien précis et la frustration de la foule, même à WrestleMania, peut être une décision de booking long terme tout à fait recevable. Et quand on enchaîne ce sentiment plusieurs éditions de suite, il faut bien un moment où dire stop et donner un peu de plaisir. Sauf que voilà cette année c’était la bouteille de ketchup ! A force de taper le fond, tout est sorti d’un coup et on ne savait plus où donner de la tête !

Comme si la WWE avait voulu se faire pardonner de ne plus nous avoir offert une scène de liesse absolue depuis Bryan et Mania 30, voilà qu’on en a pas une, pas deux, mais trois ! Savamment réparties tout au long de l’émission…

Ca a commencé très tôt avec à la stupeur générale le positionnement en opener de la soirée du match entre Seth Rollins et Brock Lesnar. Un choix que personne n’avait vu venir mais qui a lancé le show de la meilleure des manières avec ce cocktail toujours aussi efficace lorsqu’on est totalement pris à contre-pied et qu’on se dit qu’on va assister un moment spécial. C’est bien évidemment arrivé avec le triomphe du Beast Slayer sur une bête complètement dépassée par la folie du moment. L’Architecte a pourtant été pris à la gorge d’entrée, avant même que la cloche sonne. Mais c’était pour mieux nous jouer la partition du comeback à l’ancienne, puisqu’à la faveur d’un “low blow” opportun, Rollins prend l’avantage, colle 3 Curbstomps et empoche la ceinture tout en nous débarrassant enfin du champion honni. Un mix de classicisme et de surprise pour une réussite totale qui a emballé les plus de 80 000 personnes du MetLife Stadium.

On poursuivra en milieu d’émission avec le conte de fées de Kofi Kingston qui arrivait à son épilogue contre le diabolique Daniel Bryan, dans ce qui était incontestablement le match le plus chaud de la soirée niveau réactions de la foule. Dans les temps de passage d’un PPV “classique”, ce match intervenait au bout d’environ 3h d’émission et le public était à ce moment là chauffé à blanc et la température encore supportable. Tout cela a indéniablement joué pour donner à ce match une ambiance à la hauteur de ce qui allait se jouer sous nos yeux. Porté par ses amis de toujours du New Day, mués pour l’occasion en managers/chauffeurs de salle des plus efficaces, Kofi Kingston a tout donné pour accomplir son rêve vieux de 11 ans. Virevoltant, intense, agile, il a illuminé la rencontre de son talent qui n’était bien entendu plus à prouver; tout en se faisant donner la réplique par un heel absolument formidable, au sommet de son art, en la personne de ce nouveau Daniel Bryan. Le ballet fonctionne à merveille et se conclut sur ce qui devait arriver pour que l’histoire soit parfaite, un Trouble In Paradise retentissant dans la face du champion pour le compte de trois et l’explosion de joie de tout un stade. Rejoint par ses enfants, Kofi célèbre ce titre qu’il a tant cherché, dans une image magnifique digne de WrestleMania.

– Tu vois depuis que tu utilises ta lotion pour le corps naturelle au sirop d’érable tu as la peau d’une douceur folle.
– Lâche moi espèce de taré !

On finira enfin par le troisième grand match, sans doute le plus grand de par sa portée absolument historique : le tout premier Main Event féminin de l’histoire de WrestleMania. La WWE a tout fait pour faire de ce match un événement à ne manquer sous aucun prétexte et pour capitaliser à fond sur ce qui pourrait être une véritable révolution dans le business (et pour une fois on parle de véritable révolution). Du coup, la fanfare et les moyens étaient de sortie. Arrivée en hélicoptère pour la reine Charlotte Flair et concert perso de Joan Jett pour Ronda Rousey, le décor était planté. Becky Lynch arrivera elle sans aucun artifice et le parallèle avec Daniel Bryan à WrestleMania 30, qui avait fait son entrée en simple homme du peuple, contrastant énormément avec les paillettes de Batista et Orton, semble vraiment très marqué. Même au cours du match, tout était fait pour qu’on ait le “big fight feel” tout du long. Les tables et les chaises ont volé, les commentateurs ont du vite faire place également, énormément de combinaisons innovantes entre les trois femmes… Ne manquait au final peut être que la ferveur ? Sept heures d’émission, une température qui chutait sévère dans la banlieue New Yorkaise, ça vous calme un public…

Mais face à la magnitude de l’occasion, il en aurait fallu quand même plus pour totalement éteindre une foule acquise à la cause de The Man ! Alors que la bataille fait rage depuis plus de 20 minutes, Charlotte est neutralisée en passant à travers une table qu’elle avait elle même mise en place dans le coin du ring. S’entame alors un mano a mano ultime entre Ronda Rousey et Becky Lynch. Et alors que l’ex mégastar du MMA semble prendre le dessus à la faveur d’un coup de genou sauté, elle enchaîne sur une tentative de Piper’s Pit, contré en petit paquet… pour le compte de trois !! Becky Lynch est couronnée championne de RAW et Smackdown devant une foule qui oscille entre stupeur et joie devant ce finish abrupt, duquel se relève d’ailleurs très rapidement une Ronda en furie et qui semble contester la décision. Ce choix de scénario n’a indéniablement pas aidé la lecture, ni la qualité du “moment” de ce triomphe tant attendu et annoncé de tous, mais qu’à cela ne tienne, à ce moment là on fait le choix pour beaucoup de ne pas bouder notre plaisir et de célébrer avec l’Irlandaise.

Ce match a indéniablement ses défauts. Notamment par une mise en place des agents qui laisse un peu à désirer, ne laissant à notre Becky que des miettes d’offensives, la réduisant souvent à une machine à brawl et Disarm-her, tandis que Ronda Rousey a usé et abusé du trashtalk entre ses nombreuses soumissions pour tenter d’imposer son personnage (même si ses “You chop like a bitch” et “Tables are for bitches” étaient assez savoureux). C’est un choix qui peut se comprendre, de finalement peu mettre en risque ses deux atouts les moins à l’aise et laisser le match être totalement porté par Charlotte qui a véritablement été la MVP de la rencontre. Au four et au moulin, au moonsault et à la spanish fly, impeccable dans son selling ou sa brutalité, Charlotte a démontré pourquoi elle se devait absolument d’être de ce rendez vous pour le magnifier. Autre défaut évident, ce finish qui tombe presque à plat. Volonté de laisser une porte de sortie à Ronda pour un match dans le futur ? Peut être. Occasion manquée de proposer une victoire absolument épique et de réveiller la foule progressivement pour une explosion finale qui restera dans les mémoires ? Indéniablement. Curieux choix quoiqu’il en soit.

Elles n’auront peut être pas frappé un home run comme ils disent là bas, mais après tout, elle ne souffre que peu de la comparaison avec les hommes sur les derniers Manias à ce titre. In fine, on retiendra un match rendu haletant par l’animosité palpable entre les trois femmes qui aura vu la bonne fin apportée à la bonne histoire avec une image finale qui fait un plaisir fou. Et c’est au final bien ça, WrestleMania.

 

Ca décoiffe !

Impossible de revenir sur toutes les petites folies qui ont fait le sel de ce Mania, comme les très nombreuses apparitions de légendes en coulisses (dans des segments inégaux),  la surprise sympatoche de Hulk Hogan, les interventions et très nombreuses robes de la sublime Alexa Bliss, le caméo dingue de John Cena en Doctor of Thuganomics venu interrompre le concert d’Elias, le Hall of Fame et que sais-je encore… Mais pour avoir encore plus d’anecdotes, n’oubliez pas que vous avez les trois heures de podcast avec notre talentueuse équipe (Yerem, Hank, Chris et Rapha Hell) pour être sur de ne rien manquer de cette nouvelle cuvée du show des shows.

Comme toujours, merci de nous écouter et de nous suivre. On entame une nouvelle saison de catch à vos côtés et nous en sommes ravis !

 

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– Ah ça fait du bien Ric, ils nous ont vraiment donné tout ce qu’on voulait cette année, tout ce qu’on voulait vraiment vraiment.
– Tout ce qu’on voulait vraiment ? Tout ce qu’on voulait vraiment vraiment ?
– Oui tout ce qu’on voulait vraiment.
– Haha il nous manquera ce con de Dave.